Peut-être n’avez vous jamais entendu parlé de Sun Corporation, et peut-être vous imaginez vous que je vais vous parler de jus de fruits gorgés de soleil et de vitamines. Si j’ajoute Java, serveur, vous commencez peut-être à pencher plutôt pour le café.
En fait, vous avez tout faux ! Il n’est question que d’informatique.
En effet, Sun est l’une des plus grosses boites informatiques au monde, et si vous n’avez jamais vu de PC affublés du logo de la société Sun dans votre supermarché c’est qu’ils n’en fabriquent pas et que les ordinateurs que vous pourriez acheter chez eux sont sûrement en dehors de vos besoins et certainement en dehors de votre budget. Leur truc, ce sont les serveurs, les services, et certains logiciels.
Il y a dix ans, alors que le terme de logiciel libre ne voulait rien dire sauf pour une poignée d’informaticiens barbus aux yeux hagards à force de fixer leur écran, Scott McNealy, le patron et l’un des créateurs de Sun, prédisait que les logiciels finiraient par être libres, même si c’est loin d’être le cas de nos jours, le mouvement s’est enclenché et est loin de s’arrêter. De même, il prédisait l’émergence de nouveaux modèles économiques basés sur ces produits, et là encore il avait raison.
Depuis, Sun a résisté à la crise informatique de 2000 et continue de se développer.
Depuis, Java qui est présent sur la plupart des PC à travers le monde et qui permet de faire fonctionner nombre de serveurs est devenu libre.
Depuis Sun fourni à la communauté du libre, ressource et main d’œuvre.
Depuis, Sun a racheté une obscure petite boite informatique allemande développant une suite bureautique, StarOffice, l’a rendu libre en la renommant OpenOffice.org et en a fait l’un des plus gros projet informatique libre, représentant environ 10% du marché des suites bureautiques avec près de 100 millions de téléchargements.
Bref ce petit génie était loin de se tromper.
S’il est clair que la médiocrité est un critère largement suffisant pour choisir un porte-couteau n’ayant qu’à obéir aux ordres, il est tout aussi clair que l’excellence est bien plus un gage de succès lorsque l’on veux faire évoluer la société civile. Barack Obama l’a bien compris en choisissant Scott McNealy pour réfléchir à l’évolution de l’informatique du gouvernement américain. Scott McNealy se retrouve selon ses dires avec la tâche de rédiger un livre blanc sur le sujet pour la nouvelle administration.
Celui qui a dit “sans libre choix, vous n’avez aucune innovation. Sans innovation, vous n’êtes rien” a également dit que le fait d’avoir un gouvernement plus sécurisé et moins dépensant (en informatique) passe par l’utilisation de technologie et produits ‘open source’ (je gage qu’ici il pensait à libre plus qu’à source ouverte).
Ceci me rappelle ces deux époques :celle où internet et le World Wide Web émergeait à travers le monde et où la France faisait preuve de pionnière avec le minitel ; et celle qui ne tarda pas à suivre, où cette fois-ci le World Wide Web s’imposait au monde alors que le minitel, du fait de quelques esprits médiocres, s’enracinait et mettait la France en queue de peloton en matière d’échanges d’informations et de commerce.
Cette fois-ci la bataille de ces prochaines années portera sur l’intéropérabilité, l’informatique et l’indépendance technologique. Souhaitons, que nous ne replongions pas dans la même situation qu’avec internet et le minitel du fait d’une vision à court terme de certains de nos décideurs.



